Recherches

CSC-LOGO  est un projet musical soutenu et nourri par un projet de recherche élaboré en cotutelle entre l’Université de Coimbra au Portugal et le CNSMD de Lyon en partenariat avec l’Université Jean Monnet.

Le XVIIe siècle portugais est encore de nos jours, en grande partie, un patrimoine méconnu. Enclavées entre le nommé « Siècle d’Or » de la polyphonie lusitanienne et un XVIIIe siècle de forte imprégnation italienne, les décennies du seicento portugais ont été objet de peu d’études de la part des chercheurs, certains ayant même quelques lectures dévalorisantes. Nous avons donc urgemment besoin d’une connaissance plus profonde de ce XVIIe siècle portugais.

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Notre projet artistique est une contribution à cette redécouverte qui s’inscrit dans un vaste projet multidisciplinaire dévéloppé au Centre d’Etudes Classiques et Humanistiques (CECH) de l’Université de Coimbra autour du patrimoine musical de cette institution. Un des principaux objets d’étude est un ensemble de manuscrits musicaux pratiquement inédits du XVIIe siècle qui se conserve aujourd’hui dans la Bibliothèque Générale de l’Université de Coimbra (P-Cug). Ce sont 16 catarpácios – tels qu’on les nomme à l’époque –, qui sont un témoignage vraiment extraordinaire de l’activité musicale d’une institution ecclésiastique, très probablement le Monastère de Santa Cruz de Coimbra (nous parlons des P-Cug MM 49, 50, 51, 227 a 229, 232 a 240 e 243). Dans ces manuscrits nous pouvons trouver de la polyphonie sacrée (Responsos, vilancicos, negrillos, chansonetas, ensaladas ; et d’autres pièces destinées à l’espace liturgique) et également de la musique profane (tonos, ensaladas, romances) mais aussi de la musique apparemment instrumentale (concertados, fugas, lições, etc.) et encore quelques extraits, probablement copiés, d’ouvrages de théorie musicale.

Chaque concert de la CAPELLA SANCTÆ CRUCIS devient une nouvelle découverte de trésors musicaux méconnus du Portugal, une nouvelle page de son histoire de la musique.

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Aux XVIe et XVIIe siècles un des principaux centres artistiques et culturels du royaume du Portugal est la ville de Coimbra, et notamment son monastère dit de Santa Cruz, placé au niveau des plus développés centres musicaux européens. Cette Maison-mère de la congrégation de l’ordre de la règle de Saint Augustin développe une extraordinaire tradition musicale au sein de ses activités humanistes, de ses solennités ecclésiastiques et de ses cérémonies sacro-profanes, bien comme dans son exigence pédagogique d’excellence. En effet l’un des fonds de musique manuscrite des XVIe et XVIIe siècles les plus riches d’Europe, conservés jusqu’à nos jours, a très probablement appartenu au monastère de la Sainte Croix. Malgré l’importance culturelle de ce monastère peu sont les recherches élaborées jusqu’à nos jours.

« Un peu paradoxalement, le monastère de Santa Cruz de Coimbra n’a été l’objet que de très peu d’études approfondies. Il existe une monographie musicale concernant les XVIe et XVIIe siècles, travail pionnier d’Ernesto Pinho ([Pinho, 1981]) avec quelques limites du point de vue musicologique mais qui reste la référence. Plus récemment, Owen Rees a fait une étude exhaustive et très méticuleuse d’une partie du fond musical, plus précisément d’une vingtaine de manuscrits de musique polyphonique datés entre c1530 et c1620 ([Rees, 1995]). » [1]

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Balançant entre le partenariat et la rivalité avec l’université de la ville, la maison mère des chanoines de la Règle de Saint-Augustin semble avoir été pratiquement depuis sa création, un centre national d’influence politique et culturelle avec une excelente qualité musicale.


[1] ESTUDANTE, Paulo, « Les pratiques instrumentales de la musique sacrée portugaise dans son contexte ibérique. XVIe-XVIIe siècles », PhD Thesis, Université de Paris IV – Sorbonne, Universidade de Évora, 2007.

 

Dr. Paulo Estudante, Dr. José Abreu, Dr. Tiago Simas Freire, Dr. Hugo Sanches, Octavio Páez Granados | conseil scientifique

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